808 State : Be acid.

Je jouais tranquillement à Grand Theft Auto : San Andreas quand je suis tombé sur Pacific 202 de 808 State sur la radio axée deep house / acid house du jeu, la génialissime et pas des moindres SF-UR animée par DJ Hans Oberlande et son accent allemand mythique. J’étais encore jeune, je devais avoir dans les treize ans quand je roulais sur des mamies innocentes dans les quartiers chauds de San Fierro, mais je  peux vous assurer que malgré mon âge, je ne suis pas restée indifférente quand Hand enchaina avec la cultissime Pacific 202. Ni une ni deux je vais m’informer sur le net et je découvre que ce bijou est la création du groupe anglais 808 State. Et c’est là qu’une histoire d’amour vit le jour.

Ce groupe est tout bonnement géant, de l’acid / retro house comme je n’en ais jamais entendu, une lampée de sonorités jazz, des beats renversants et un bon coup d’ultra violence sur certains morceaux délicieusement enivrants et exaltants. Les autres morceaux sont tout aussi sublimes et je ne parle pas des remixs qui sont réellement bons. (je parle notamment de la reprise de « Pacific State » par Grooverider qui en fait un morceau terriblement drum’n’bass.) Mieux, l’excentrique Björk s’octroie une collaboration avec le trio et nos oreilles ne peuvent qu’être comblées et enchantées. Leur son est indémodable et je ne me lasse pas de me réécouter leurs bijoux dans toutes leurs versions possibles.

De nature perfectionniste, l’électronique pour moi s’avère être un style de musique particulièrement délicat et rares sont les DJ que je peux classer comme «  parfaits ». 808 State a su me convaincre et ce trio venu du ciel a tout à fait réussi à combler mes caprices à ce niveau. Si l’envie vous dit de changer et de bannir un moment le trop plein de vomi musical à tendance lave-vaisselle que nous avons l’habitude d’entendre dans n’importe quelle radio lambda de nos jours, jetez vous sur ce trio typiquement british.

Un peu d’histoire maintenant. C’est en 1988 que Martin Price, Graham Massey et Gerald Simpson (plus connu sous le nom de scène de «  A Guy Called Gerald ») décident de donner naissance à 808 State. « 808 » en rapport avec la Roland TR-808 (boite à rythme notamment utilisée par les plus grands artistes comme les Daft Punk pour ne citer qu’eux) et « State » pour le « state of mind » (ou état d’esprit) que partagent les membres du groupe.

Les fans vous le diront, les albums de ce groupe sont des objets de culte. Nous sommes donc en 88, naissance du groupe, et naissance de « Newbuild » leur tout premier album et aussi l’un des plus rares et des plus difficiles à se procurer. Leur notoriété se forge et ces passionnés se voient propulsés au stade de pionniers de l’acid house retro.
Après le succès fulgurant de NewbuildSimpson quitte le groupe et se consacre à une carrière solo sous le pseudonyme de «  A Guy Called Gerald. » Oui, le cultissime Voodoo Ray, c’était lui. Qu’à cela ne tienne, deux personnes de plus rejoignirent le groupe pour maintenir le projet « 808 State » sur pied. « Quadrastate » leur second album se fit avec Andrew Barkeret Darren Partingtonet sorti en 1989. La même année, Ninety vu le jour et se fit la part belle dans la culture rave de l’époque. Ex :el quant à lui naquit en 91 et se procura le plaisir de contenir des pistes  avec la participation de la singulière Björk et le talentueux Bernard Summer du groupe New Order. A l’apogée de leur succès, les années se succédèrent et laissèrent place à de nouveaux albums et compilations aussi formidables les un que les autres donnant une liberté absolue à leur génie et à leur soif de nouveaux sons et de nouveaux genres tout cela malgré les nombreuses difficultés que traversaient le groupe pendant ses années d’activité et particulièrement les départs que ce dernier rencontra entre 1991 et 1998. Leur dernier joyau, Outpost Transmission se révéla être très bon et accueilli la patte des Alabama 3Simian et le chanteur / guitariste du groupe Elbow, Guy Garvey.

Leur parcours fut particulièrement chamboulé et riche mais cela ne les détourna pas de leur réelles convictions et valeurs, à savoir faire de la bonne musique mêlant originalité et qualité chose qui leur a quand même fourni leur réputation de pionniers et bâtisseurs du grand empire de retro acid house.

Plébiscités par les fervents adorateurs de la musique électronique retro, éclatants et punchants avec leurs beats nouveaux et leurs mélodies envoutantes, les britishs de 808 State dominent le milieu de la house vintage grâce à leur talent et leur capacité à créer, et non pas à recycler leur musique. Pari réussi pour ces anglais pleins de ressources et de génie.

Une petite mise en bouche ?

0 808 State : Be acid.
0 808 State : Be acid.