Mariah Carey à Mawazine : une nuisance sonore

Pour une clôture en apothéose de cette 11ème édition du Festival Mawazine, les organisateurs ont choisi de tabler sur un gros nom du R&B. Assurément, Mariah Carey, star mondiale du R&B depuis près de 2 décennies, avait la scène et le public d’OLM Souissi à ses pieds avant le début du concert. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a joliment failli à sa tâche. Chronique d’un calvaire !

Le public est venu très nombreux ce soir avec l’espoir de voir Mariah Carey se produire live devant eux, pour ainsi découvrir sa voix si extraordinaire, d’avoir des frissons à chacune de ses chansons et surtout de ressentir des sentiments qu’on disait Mariah Carey si apte à partager dans ses lives. Il ne fut rien de cela.

Le concert démarrait de bien mauvaise manière, principalement du au fait que le public a subi une attente de près d’1h30. C’est donc dans un concert de sifflements que les musiciens se présentèrent sur scène. Une scène surréaliste précédât l’entrée de Mariah Carey, avec ce qui a semblé comme un groupe de Aissawa dansant de façon incohérente avec les danseurs de la star du jour. Cette dernière fit enfin son entrée dans une tenue légère et entama Emotions, l’un de ses premièrs succès des années 90. Sauf que d’émotions, il n’y eut point. On se disait en ce moment, que le concert ne faisait que commencer et qu’il y aurait une plus grande richesse de couleurs par la suite. Elle interpréta It’s like that, chanson dansante qui allait quelque peu faire bouger le public, toutefois on garde surtout à l’esprit une impression de playback, car cette dernière a souvent lancé ses tubes en fond pour ne chanter elle même que certaines parties. Elle n’arrivait donc pas à mettre le feu au public.

Shake it et Obsessed confirmaient notre première impression avec des titres bien que légers et rythmés mais on sentait une Mariah Carey qui ne donnait pas vraiment coeur à l’ouvrage. Il furent ennuyeux, la mère des jumeaux Moroccan et Monroe n’arrivant pas à nous communiquer une quelconque énergie. Elle partit dans un long monologue, parlant certes de son amour et attachement pour le Maroc, mais n’essayant pas vraiment d’avoir un dialogue avec le public, chose essentielle pour le succès d’un concert sur une scène aussi géante. Dommage !

Mariah Carey s’éclipse, pour ce qui semble être une pause pipi, et c’est Trey Lorenz qui arrive enfin à mettre un peu d’ambiance au public avec I’ll Be There, généreux hommage aux Jackson Five. Une belle romance et un joli hommage qui a certes ravi le public, mais celui-ci n’était présent que pour voir Mariah Carey et c’est, non sans quelques huements par ci par là, qu’il la réclama. Elle revint dans une nouvelle robe et entama un long monologue, cette fois contrainte par un souci technique, confirmant si bien l’adage sur les femmes, ne manqua pas de noter une amie.

Elle sentit qu’elle était pratiquement la seule à se divertir sur scène et c’est donc avec un We gotta make it work people! qu’elle chanta Touch My Body. Sauf que non, la magie n’opéra pas. En cause, certains titres, dont ce dernier, ont été interprétés dans une version Jazz assez plate, provoquant la déception de beaucoup de ses fans qui s’attendaient plutôt à des versions plus vivantes. Certains iront jusqu’à dire qu’elle a détruit leur chanson favorite. Mariah Carey ne prit même pas le soin de présenter ses musiciens, laissant un des membres de son groupe le faire.

Il faudra attendre Hero pour enfin avoir un petit aperçu de la voix langoureuse et sensuelle qu’on lui connaissait. Le public a répondu présent cette fois, pour ce qui restera comme l’un des rares moments forts de la soirée. Sur le titre My All, un de ses plus fameux succès, on la vit s’allonger tranquillement sur un divan spécialement installé pour elle, pour nous gratifier d’une performance encore une fois moyenne.

Si les organisateurs du Festival Mawazine ont voulu frapper un grand coup en le clôturant avec Mariah Carey, je ne peux qu’avoir le sentiment qu’ils se sont cassés les dents. Je pars déçu de ce concert où j’étais venu apprécier la tendresse et la maestria de Mariah Carey. Sa performance, pour le moins insipide, laissera un gout amer à cette édition devant l’explosion musicale qu’on a eu auparavant grâce à Scorpions et Lenny Kravitz notamment.