Jimmy Cliff à Mawazine : Reggae Night

Fort de ses trentaines d’albums et de près de 50 ans de carrière, Jimmy Cliff est sans aucun doute une figure emblématique du reggae. C’est donc avec beaucoup de panache que l’OLM Souissi revêtait des couleurs exclusivement jamaïquaines pour accueillir ce grand artiste. Lcassetta y était encore une fois, Chronique ! 

Dès son entrée sur scène, la scène OLM Souissi replongeait en plein années 60s et la tenue exubérante grise et orange fluo de Jimmy n’y était surement pas pour rien. Il salua un public fait surtout de connaisseurs et entama ce qui sera une longue nuit de Reggae.

Jimmy Cliff est l’une des rares figures de reggae qui a pu se conserver avec l’âge, grâce notamment à une hygiène de vie irréprochable. Cela s’est remarqué tout le long du concert avec un Jimmy Cliff, plein d’énergie, tantôt esquissant des pas de danse dont lui seul a le secret, tantôt communiquant son histoire personnelle avec le public, créant ainsi une certaine intimité avec l’assistance.

Sans suprise, Jimmy Cliff a chanté des titres de son nouvel album Rebirth, mais c’est certainement les titres l’ayant fait connaitre sur la scène mondiale qui ont eu le plus de succès. Wonderful World Beautiful PeopleI can see clearly now ou encore Many rivers to cross ont été largement repris par le public, poussé par Jimmy qui n’hésitait pas à l’incitait à faire des pas de danse, ou à reprendre le refrain avec lui. Avant cela, on a eu droit à Ruby Soho, une surprenante reprise ska du groupe punk rock Rancid, immédiatement suivi par la suite par une reprise Reggae d’un titre de Cat stevens. Il s’agissait de Wild World, sorti en 1970, et qui a été largement repris de façon émouvante par un public connaisseur.

Il est à noter que cette soirée passée en compagnie de Jimmy Cliff n’était pas qu’un simple concert, c’était aussi un voyage culturel au coeur de la Jamaique et au coeur du Reggae. Jimmy Cliff nous parlera donc du ska, genre qui donnera naissance au Reggae que l’on connait, allant même jusqu’à nous montrer comment il était dansé à l’époque, provoquant l’hilarité de l’assistance. Il nous parlera de sa naissance dans les Hills, là où l’air est pur, la nature saine et les gens de très bon coeur. Tout le contraire de sa vision du monde actuellement. Il entamera ainsi Save Our Planet Earth, un signal d’alarme pour la sauvegarde des forêts et des animaux, un hymne appelant à sauver cette planète souffrant en silence de notre présence saprophyte.

Il s’en suivit un autre appel, contre la guerre cette fois, avec Vietnam, hymne anti-guerrier des années 70. Sauf que Jimmy Cliff a choisi de rendre sa chanson d’actualité en scandant Afghanistan et en faisant plusieurs fois allusion à des conflits de part le monde notamment en Syrie et au soudan, nous mettant en plein dans l’ambiance d’un meeting anti-war des années hippies. Le public était comblé avec Hakuna Matata, très popularisé par un certain Roi Lion, mais Jimmy Cliff finissait de l’enchanter avec Rivers of Babylon entièrement joué avec des tam-tams.

Il allait s’éclipser pour un moment, avant de revenir chanter Reggae Night, titre qui représente pour moi le symbole de cette paisible et féerique soirée reggae. Mais ça ne s’arrêtait pas là, car Jimmy Cliff allait sortir pour revenir encore une fois sous l’insistance du public. Il se couvrit du drapeau marocain et entama une dernière. One More était justement ce que réclamait le public, une de plus pour cet homme humble, plein de vie et qui a été très apprécié par les présents à l’OLM Souissi.