Azam Ali & NiYAZ à Mawazine : envoûtant

A Chellah, loin des grandes scènes d’OLM Souissi et Ennahda se déroule un autre Mawazine. Un Mawazine plus porté vers la découverte de l’essence même de la musique grâce à une scène proche du public, permettant un échange constant entre ce dernier et l’artiste. Azam Ali & NiYAZ, groupe mélant traditions musicales turco-perses et sonorités électro, était l’invité de marque de ce haut-lieu d’histoire. Chronique !

Émouvant concert que celui de Azam Ali & Niyaz au Chellah hier, tant par  la voix velours et imploratrice de la splendide Azam Ali que par la performance de Niyaz avec Loga Ramin Torkian multi-instrumentiste de renom sachant combiner des classiques de la musique perse avec ses compositions modernes, Carmen Rizzo artiste et producteur éclectique de musique electronique lui ayant valu 2 nominations aux Grammy Awards pour ses participations très remarqués dans des films hollywoodiens et enfin Habiboo Boushehri, percussionniste de talent.

Tout le long du concert, Azam Ali & NiYAZ se fera un plaisir d’interpréter des chansons folk surtout iraniennes mais également d’autres pays du moyen-orient, que ce soit en farssi, turc ou arabe. La plupart des titres est tiré de leur dernier album Sumud, dont Azam Ali dira qu’il représente un message contre l’injustice et l’oppression de groupes minoritaires, mais également un hommage universel à la diversité spirituelle, à la liberté et dignité pour tous.

Au fil des chansons, la voix hypnotisante d’Azam Ali et le son tant intriguant qu’harmonieux de Niyaz, couplé à un cadre aussi chargé d’histoire que Chellah, nous faisait allègrement rêver. On se sentait soudain transportés en Persie ancienne, du temps de Zyriab, Avicenne ou Jalaluddine Rumi, les effluves d’Ispahan nous titillant les narines. C’est d’ailleurs sur les écrits du dernier cité, grand poète et mystique soufi, que Niyaz se sont inspirés pour certains de leurs titres.

Rayat Al Sumud, titre issu de leur dernier album et ayant été composé par le joueur de luth palestinien de Niyaz qui n’a malheureusement pas pu faire le déplacement, a vu Azam Ali chanter dans un excellent arabe. Elle a chanté la souffrance et le tourment quotidien du peuple palestinien, elle qui a eu une jeunesse très mouvementée entre la révolution iranienne, sa séparation précoce de sa mère et son expatriation en Inde puis aux Etats-Unis.

Le temps est vite passé en compagnie de ce groupe des plus novateurs sur la scène world music et c’est avec quelque peu d’amertume que l’on apprit qu’ils allaient interpréter leur dernier titre. Azam Ali présenta son groupe puis exprima toute sa gratitude envers le public et la pays qui l’a accueillit, n’omettant pas d’accorder une mention spéciale à l’hospitalité et surtout la gastronomie marocaine.

Pari largement réussi donc pour Azam Ali & NiYAZ qui ont su à tous les instants offrir au public un mélange transcendant de sons acoustiques empruntées à la traditionnelle musique moyen-orientaliste, adroitement mariés à quelques sonorités électroniques. On notera également la sympathie et la convivialité des membres du groupe qui ont joyeusement échangé quelques mots avec leurs fans à la fin du concert.